Au cours de l'année 2005, en juillet 2006 et plus récemment le samedi 2 décembre à Lyon, une série d'accidents graves, dus à des défaillances d'exploitation, survenaient sur des attractions installées dans des fêtes foraines ou des parcs d'attractions.
Dans un avis adopté le 9 novembre dernier, la Commission de la sécurité des consommateurs (CSC) réclame un contrôle renforcé de ces attractions. Elle constate en effet que les textes qui fondent les contrôles actuels, vieux de plus de 20 ans, sont inadaptés à l'évolution technologique des matériels, alors qu'il existe une norme européenne récente, non publiée en France, qui fixe des exigences de conception, d'exploitation et de maintenance plus satisfaisantes pour la sécurité des consommateurs. La CSC demande donc aux pouvoirs publics de publier cette norme et d'élaborer un cadre juridique adapté à ces équipements. Objectifs : déterminer, sur la base de la norme européenne, la nature et la périodicité des contrôles techniques des installations (la norme prévoit notamment un contrôle annuel, au lieu de la vérification triennale actuelle), mettre en place l'accréditation des organismes habilités à effectuer l'inspection des matériels (les bureaux de contrôles actuels étant aujourd'hui choisis par les professionnels eux-mêmes) et définir les conditions d'accès et d'information des usagers des manèges (taille, âge, contre-indications médicales).
En attendant, la Commission demande aux autorités de surveillance du marché, à la suite d'accidents graves, d'exercer des contrôles préventifs des installations afin de prendre des mesures conservatoires sur les équipements du même type installés sur le territoire. Elle invite d'autre part les exploitants à tenir à jour, pour chaque attraction, un “carnet de vie” qui recenserait les incidents techniques, interventions et accidents survenus aux usagers.
La CSC s'inquiète par ailleurs des dangers potentiels présentés par les nouvelles générations d'attractions qui provoquent des accélérations brutales - de 0 à 150 km/h en une seconde, soit l'équivalent de ce que subissent au décollage les passagers des navettes spatiales - avec loopings et autres systèmes de lancement de passagers. La Commission demande donc aux pouvoirs publics d'engager des études afin d'en évaluer les risques et conseille aux consommateurs la plus grande vigilance vis à vis de ces “manèges extrêmes” dont les effets sur l'organisme sont encore mal connus.